Mossad : Quand la presse perd la mémoire
Un des évènements de la politique internationale de la semaine, très commenté par la presse française, Haïti est bien loin, aura été l’implication supposée du MOSSAD (services secrets d’Israël) dans l’assassinat le 20 janvier 2010 à Dubaï de Mahmoud Abou Al-Mabhouh responsable militaire du Hamas palestinien. Ce dernier, était considéré comme le principal responsable de l’approvisionnement en armes du Hamas. Des armes pourquoi faire ? La paix ? Je vais y revenir. On a parlé, selon Le Monde, de fiasco diplomatique pour Israël, car les membres du commando qui a opéré à Dubaï étaient tous porteurs de faux passeports, qui plus est de pays amis. Branle-bas dans le Landerneau diplomatique ! Convocation des ambassadeurs d’Israël dans les chancelleries concernées, protestations officielles, bref toute la panoplie des rosières vertueuses qui n’ont jamais mangé de ce pain là. Néanmoins, je reconnais bien volontiers la légitimité à tous les pays du monde de protester énergiquement, quand des opérations militaires sont faites en son nom par des étrangers avec de faux passeports de leur état. A Israël de gérer cette tension si sa responsabilité est engagée. Ma réaction est motivée par les commentaires insidieux de toute la presse française, écrite ou parlée, qui une fois de plus s’arroge le droit de donner des leçons, en ne ménageant pas ses critiques habituelles vis à vis d’Israël. J’ai évoqué dans un précédent article, le silence de cette même presse sur la formidable action des israéliens en Haïti. Tous les commentateurs, des plus éminents aux plus insignifiants y sont allés de leurs sarcasmes, de leurs reproches quand ce n’était pas de leur indignation. Rien que cela ! De façon contradictoire et incohérente parfois, le reproche qui revient souvent chez ces Saint-jean Bouche d’Or, est que le MOSSAD n’est plus ce qu’il était ; ses agents se sont fait prendre comme des débutants, eux qui étaient tant réputés pour leur professionnalisme et leur invulnérabilité. En fait ce sont des déçus du MOSSAD ! Je parle d’amnésie de la presse française, pourquoi ? Il y a eu le 10 juillet 1985 une affaire en tout point semblable à celle de Dubaï qui concernait directement notre très pudique pays : l’affaire du Rainbow Warrior ! Cette affaire est un scandale auquel les services secrets français prennent part, en coulant le navire de l'organisation écologiste Greenpeace Rainbow Warrior, qui faisait route vers Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français. François Mitterrand lui-même fait appel à la DGSE pour parer cette menace. Probablement à la demande explicite du ministre de la Défense, Charles Hernu, l’amiral Pierre Lacoste, chef des services secrets français, lance l’opération Satanic dans l’urgence. Cette action a été réalisée sur le territoire d'un pays ami, la Nouvelle-Zélande, avec le fameux couple des faux époux Turenge qui utilisaient de vrais faux passeports suisses, et avec à la clé la mort d'un photographe néerlandais, d'origine portugaise innocent. Greenpeace n'avait pourtant pas le même niveau de menace pour la France que les palestiniens pour Israël. Les faux époux Turenge sont définitivement identifiés comme étant les poseurs de bombe grâce à leurs empreintes digitales retrouvées sous le canot pneumatique qui avait servi à poser la bombe. Pas plus malins que le MOSSAD nos chers espions. Le Premier ministre néo-zélandais, David Lange, accuse des « éléments étrangers » d'avoir pris part à l'attentat, visant implicitement la France. Le 22 septembre 1985, Laurent Fabius finit par admettre à la télévision que les services secrets français avaient mené l’attaque du Rainbow Warrior. Aucun des grands spécialistes français de l'analyse politique, n'a mentionné cette affaire du Rainbow Warrior en tout point ressemblante à celle de Dubaï. Sans doute un trou de mémoire. Israël est en guerre, et utilise pour sa survie les mêmes méthodes, contre ses ennemis, que les autres grandes puissances. Ces grands pays ont hélas deux points faibles : la démocratie et les médias (internes et du monde entier). Les armes que ce "gentleman" achetait, étaient destinées à être utilisées contre qui ? Les soldats israéliens bien entendu, mais surtout et tout le monde le sait bien, contre les civils israéliens. Quand les palestiniens tuent des israéliens aux JO de Munich, détournent des avions, tuent des civils dans des bus ou ailleurs, lancent des bombes sur des villages israéliens voisins, est-ce qu’il n’est pas compréhensible et bien normal d'intervenir en amont avant d'être victimes ? Le problème avec le trop de démocratie (idem pour la police) c'est qu'il faut attendre d'être attaqué ou tué (sic) pour avoir le droit d'intervenir. Si ce palestinien avait été ramené en Israël, il aurait été protégé par les lois de ce pays démocratique, et serait devenu une monnaie d'échange pour ses frères. Chaque grande nation fait ce qu'elle peut quand ses intérêts et sa sécurité sont en jeu. Elle utilise ses services secrets en priant (je ne sais qui..) de ne pas se faire prendre. La liberté de la presse autorise à dénoncer ces barbouzeries, mais dans une analyse destinée au grand public, il faut être juste en n'occultant pas les mêmes agissements pratiqués par son propre pays. La presse politique et populaire donne des leçons à tout le monde, traite des sujets qu’elle choisit et construit à sa guise les mentalités de nos compatriotes qui sont souvent éloignés de tous les problèmes qui ne les concernent pas directement.

